Une coalition de 81 organisations de la société civile réunies au sein de la Mobilisation pour la Sauvegarde de la Souveraineté et de l’Autonomie Congolaise (MOSSAC) a exprimé, dimanche 15 mars 2026, ses préoccupations concernant les accords conclus entre la République démocratique du Congo, les États-Unis et le Rwanda, communément appelés «Accords de Washington».

Dans un communiqué de presse, cette plateforme d’organisations congolaises estime que ces accords, signés en décembre 2025, soulèvent plusieurs préoccupations liées à la souveraineté nationale, à la sécurité ainsi qu’à la gestion des ressources naturelles du pays.

Selon ce document, les Accords de Washington se composent de trois textes distincts.

Le premier, présenté comme un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, vise à favoriser la stabilisation dans les zones affectées par le conflit.

Le second établit un cadre d’intégration économique régionale prévoyant une exploitation conjointe de certaines ressources naturelles.

Le troisième, conclut entre la RDC et les États-Unis, porte sur un partenariat stratégique incluant notamment l’identification de projets miniers liés au coltan, au cuivre, au manganèse et à l’or

Tout en affirmant soutenir toute initiative susceptible de favoriser la paix dans l’Est de la RDC, la coalition estime que plusieurs dispositions de ces accords nécessitent des garanties supplémentaires afin de préserver les intérêts stratégiques du pays.

Parmi ses principales recommandations, MOSSAC appelle le gouvernement congolais à suspendre la mise en œuvre des dispositions relatives à l’exploitation des ressources naturelles tant que les zones occupées ne seront pas libérées et que les sites miniers ne seront pas restitués à leurs propriétaires légitimes.

La coalition invite également le Parlement congolais à conditionner l’application de certains volets des accords au respect préalable de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée en février 2025, ainsi qu’au rétablissement d’une gouvernance constitutionnelle effective dans les territoires concernés.

Par ailleurs, les organisations signataires plaident pour une révision du partenariat stratégique conclu avec les États-Unis, afin de garantir que les décisions relatives aux politiques minières, économiques et législatives demeurent sous l’autorité souveraine des institutions congolaises.

Dans le même communiqué, la coalition propose la création d’un tribunal spécial chargé de documenter et de poursuivre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité ainsi que les violations graves des droits humains commis dans le cadre du conflit dans l’est du pays. Selon elle, cette juridiction pourrait transmettre certains dossiers à la Cour pénale internationale ou à la Cour internationale de Justice.

Enfin, MOSSAC appelle à la mise en place de comités citoyens de suivi dans plusieurs provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, afin de surveiller la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre de ces accords.

La coalition recommande également la traduction des textes dans les langues nationales afin d’en faciliter la compréhension par l’ensemble de la population.

À travers cette prise de position, les organisations signataires affirment vouloir contribuer au débat national sur les conditions d’une paix durable, fondée sur la sécurité, la justice, la responsabilité et le respect de la souveraineté de la RDC.

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