L’expiration, ce mercredi 15 juillet 2026, de l’ultimatum fixé par les États-Unis au Rwanda marque, selon l’acteur politique Mike Alomba, un échec diplomatique majeur dans la mise en œuvre de l’Accord de Washington. Il affirme que l’absence de retrait des Forces de défense rwandaises (RDF) et la poursuite des offensives de l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23) dans l’est de la République démocratique du Congo illustrent le non-respect des engagements pris par Kigali.

Pour Mike Alomba, cette situation jette un sérieux discrédit sur les initiatives diplomatiques occidentales. Il estime que l’échéance annoncée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio n’a débouché sur aucune mesure contraignante contre le Rwanda. À ses yeux, l’absence de sanctions après les violations présumées de l’Accord de Washington alimente, au sein d’une partie de l’opinion congolaise, un sentiment de passivité, voire de complaisance, de la communauté internationale face à Kigali.

L’acteur politique considère également que les engagements prévus dans le calendrier de désengagement mutuel n’ont pas été respectés. Selon lui, aucun retrait des forces rwandaises n’a été observé sur le terrain. Il affirme en outre que les rebelles de l’AFC/M23 poursuivent leur progression militaire, au-delà du Nord-Kivu, vers certaines zones du Sud-Kivu, notamment les territoires de Mwenga, Kalehe et Fizi.

Face à cette situation, Mike Alomba appelle les autorités congolaises à privilégier un renforcement des capacités nationales de défense. Il plaide pour une restructuration et un financement accrus des FARDC, estimant que la paix ne peut être obtenue uniquement par les initiatives diplomatiques, mais également par un rapport de force favorable sur le terrain.

Enfin, s’appuyant sur les conclusions du rapport du Groupe d’experts des Nations unies évoquant un renforcement des effectifs de l’AFC/M23, Mike Alomba estime que le Rwanda privilégie une stratégie de fait accompli territorial plutôt qu’une solution politique. Selon lui, en l’absence de sanctions économiques et militaires directes de la part des États-Unis contre Kigali, « le processus de paix actuel est cliniquement mort ».

Bolangi Nezolo Bura

By 24news