Le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, a présenté devant l’Assemblée nationale le Programme d’action du gouvernement pour le quinquennat 2026-2031. Placé sous le thème de « l’accélération de la marche vers le développement », ce programme traduit les engagements du président Denis Sassou N’Guesso autour de vingt missions visant à répondre aux préoccupations économiques et sociales des Congolais.

Dans son discours, le chef du gouvernement a souligné que le mandat devait être celui des résultats concrets, après un précédent quinquennat marqué par la gestion de crises successives, notamment la pandémie de Covid-19, les tensions économiques internationales et les contraintes budgétaires.

« Le mandat dernier, c’était le temps des batailles. Le présent mandat, c’est le temps des missions. Il faut bâtir, livrer, changer le quotidien des Congolais », a déclaré Anatole Collinet Makosso.

Priorité à la mobilisation des ressources
La première mission du gouvernement vise à accroître les ressources publiques afin de financer les politiques de développement. L’exécutif prévoit notamment de réformer la fiscalité, d’accélérer la digitalisation du recouvrement des impôts, de développer les partenariats public-privé et de poursuivre la valorisation locale des ressources naturelles.

Le Premier ministre a également indiqué l’ouverture de négociations en vue d’un nouveau programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Selon lui, cet accompagnement demeure nécessaire pour consolider les réformes engagées et maintenir la confiance des partenaires financiers. Le Congo serait passé d’une situation de « vulnérabilité extrême » à une dette désormais « maîtrisée et soutenable », tout en affichant des indicateurs économiques en amélioration.

Capital humain et lutte contre les antivaleurs
Le gouvernement place l’investissement dans le capital humain au cœur de son action. Dans le secteur de l’éducation, il prévoit la mise en œuvre des recommandations issues des États généraux de l’éducation, de la formation et de la recherche. Dans le domaine de la santé, l’exécutif entend renforcer les effectifs médicaux, moderniser les infrastructures hospitalières et poursuivre l’ouverture de nouveaux hôpitaux généraux dans plusieurs départements.

En parallèle, une offensive contre les comportements déviants dans l’administration publique est annoncée. Corruption, absentéisme, détournements de fonds publics, favoritisme et falsification de documents figurent parmi les pratiques visées. Le gouvernement promet de renforcer les moyens de la Haute autorité de lutte contre la corruption et de l’Inspection générale de l’État.

Diversification économique et souveraineté alimentaire
Le Premier ministre a réaffirmé la volonté de réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures. Plusieurs secteurs sont appelés à contribuer à la diversification économique : l’agriculture, l’agro-industrie, les mines, le numérique, le tourisme et l’économie circulaire.

L’exécutif mise notamment sur l’augmentation de la production agricole locale afin de renforcer la sécurité alimentaire et de réduire les importations. La Grande foire agricole de Bambou-Mingali sera désormais organisée chaque année. Dans le secteur industriel, le gouvernement prévoit d’accélérer la transformation locale des ressources minières et forestières, en misant notamment sur les réserves de potasse et de phosphate pour développer une industrie nationale des fertilisants.

Énergie, routes et grands projets structurants
L’amélioration des infrastructures constitue un autre pilier du programme. Le secteur de l’énergie est présenté comme prioritaire, avec l’extension de la Centrale électrique du Congo, la relance du projet hydroélectrique de Sounda et la poursuite de l’électrification rurale.

Le gouvernement entend également accélérer la réhabilitation des voiries à Brazzaville et à Pointe-Noire, ainsi que plusieurs projets routiers structurants, notamment les corridors régionaux et le pont route-rail entre Brazzaville et Kinshasa.

Une vision à long terme
Au-delà du quinquennat, le gouvernement prévoit de s’appuyer sur deux instruments majeurs : le Plan national de développement (PND) 2027-2031 et la Vision Congo 2063. D’après Anatole Collinet Makosso, ces documents permettront de traduire les vingt missions gouvernementales en objectifs chiffrés et en projets structurants capables de transformer durablement l’économie congolaise.

Face aux députés, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’une collaboration étroite entre le gouvernement et le Parlement pour concrétiser les ambitions affichées pour les cinq prochaines années.

Solange Geandja, Correspondante