L’administration pénitentiaire guinéenne a annoncé, mercredi 26 mars, le décès du commandant Aboubacar Diakité, plus connu sous le surnom de « Ntoumba ». Il était détenu et purgeait une peine liée à son implication dans les événements tragiques du massacre du 28 septembre 2009 en Guinée.
Officier de l’armée guinéenne et ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, Ntoumba Diakité est resté au cœur de l’actualité judiciaire du pays pendant plus d’une décennie. Il était notamment poursuivi pour son rôle présumé dans la répression violente d’une manifestation de l’opposition au stade du 28-Septembre.
Le 28 septembre 2009, des milliers de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre une éventuelle candidature de Moussa Dadis Camara à l’élection présidentielle. La manifestation avait été brutalement réprimée par les forces de sécurité, causant la mort de plus de 150 personnes, selon des organisations de défense des droits humains, ainsi que des centaines de blessés et de victimes de violences sexuelles.
Le procès du massacre, longtemps attendu, s’est ouvert en 2022 à Conakry. Aboubacar Diakité y occupait une place centrale en tant qu’accusé majeur. Son témoignage avait marqué les audiences, notamment en raison des révélations sur les chaînes de commandement au sein de la junte militaire de l’époque.
Il avait été reconnu coupable par la justice guinéenne et condamné à une peine de réclusion, qu’il purgeait au moment de son décès. Le nom de Ntoumba Diakité reste indissociable de l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire récente de la Guinée. Son décès marque la disparition d’un acteur majeur de cette affaire.
Roger Kabengele
