Réuni en point de presse ce vendredi 10 avril 2026 à Brazzaville, le Consortium Panafricain pour la Paix (CPP) a officiellement exprimé son opposition à la candidature de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat à la tête de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Face aux médias, les responsables du Consortium ont présenté un mémorandum adressé aux chefs d’État des pays membres, dans lequel ils dénoncent une candidature jugée incompatible avec les valeurs fondamentales de la Francophonie, notamment la démocratie, la paix, la justice et le respect des droits de l’homme.

Le débat autour de la gouvernance de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) prend une nouvelle tournure. Le Consortium Panafricain pour la Paix (CPP) a officiellement exprimé son opposition à la candidature de Louise Mushikiwabo pour un troisième mandat à la tête de l’institution.

Dans un mémorandum adressé aux chefs d’État des pays membres, l’organisation panafricaine met en avant une incompatibilité entre cette candidature et les valeurs fondamentales de la Francophonie, notamment la démocratie, les droits de l’homme, la paix et la justice.

Pour le CPP, l’OIF ne peut se limiter à la promotion linguistique. Elle doit incarner un véritable levier de stabilité, capable d’accompagner les processus électoraux, de prévenir les conflits et de renforcer les institutions démocratiques dans l’espace francophone.
Mais le Consortium va plus loin. Il critique la gestion actuelle de l’organisation, qu’il juge trop conciliante envers Kigali. En s’appuyant sur divers rapports d’organisations internationales et d’ONG, il accuse le Rwanda d’implication dans l’instabilité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, une région marquée par des violences récurrentes attribuées à des groupes armés.
Autre point soulevé : la situation des libertés publiques au Rwanda, régulièrement dénoncée par plusieurs observateurs internationaux. Le CPP évoque notamment des restrictions de la liberté de la presse et des atteintes aux droits humains, en contradiction avec les principes affichés par la Charte de la Francophonie.
Le choix du Rwanda d’accorder une place dominante à l’anglais dans son système éducatif est également mis en avant. Pour le Consortium, cette orientation interroge la légitimité du pays à porter la promotion de la langue française au sein de l’OIF.
Enfin, le CPP met en garde contre les implications politiques d’un éventuel soutien international à cette candidature. Il estime qu’un appui, notamment de la France, pourrait être perçu comme un signal négatif par les sociétés civiles africaines, ravivant les critiques liées aux anciennes logiques d’influence.
Face à ces préoccupations, le Consortium Panafricain pour la Paix appelle à l’annulation pure et simple de cette candidature, tout en se disant prêt à étayer ses accusations par des éléments supplémentaires.
Ce positionnement marque une montée des voix critiques au sein de la société civile africaine, à un moment clé pour l’avenir et la crédibilité de l’Organisation Internationale de la Francophonie.
