Les casques bleus resteront en République Démocratique du Congo pour un an supplémentaire, en dépit des critiques qui les visent.

Vendredi 20 décembre dernier, alors que le mandat de la MONUSCO arrivait à terme, le Conseil de sécurité de l’ONU a voté, à l’unanimité, son renouvellement pour une période d’un an, soit jusqu’en décembre 2025.

À la fin de 2023, face à la grogne populaire et aux manifestations publiques anti-MONUSCO, le gouvernement congolais avait saisi le même Conseil de sécurité afin d’obtenir le départ accéléré des casques bleus.

À travers plusieurs annonces, Kinshasa avait alors affirmé que le dernier soldat de la paix quitterait le pays au plus tard en décembre 2024.

Le processus avait alors été enclenché, poussant ainsi l’ONU à se désengager de certaines provinces, dont le Sud-Kivu. La dernière étape devrait concerner le Nord-Kivu et l’Ituri, les seules entités encore concernées par la mission.

Cependant, au regard de la situation sécuritaire dans ces deux provinces, le gouvernement congolais a fait volte-face, soutenant que le retrait de la MONUSCO devrait désormais être contextuel en raison de l’évolution de la situation sur le terrain.

Il y a quelques mois, les villes de Butembo, Beni et Goma (Nord-Kivu) ont été le théâtre de manifestations sanglantes, qui exigeaient le départ des casques jugés inefficaces sur le plan opérationnel.

Par exemple, en juillet 2022, plusieurs civils sont morts à Butembo pour contraindre la MONUSCO à quitter le pays. De plus, le 30 août 2023, une centaine de fidèles de la secte Wazalendo ont été massacrés par l’armée à Goma pour avoir annoncé une manifestation anti-ONU.

Compte tenu de ce climat de méfiance, les forces onusiennes devront rentabiliser ce nouveau mandat en termes de bilan sur le plan sécuritaire afin de convaincre ceux qui parlent de l’inutilité de leur présence sur le sol congolais depuis 25 ans.

Jean Ngaviro